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Blog

Article de presse dans le journal « L’Avenir »

L’élégante simplicité de Nora Feys

 

À 25 ans, la créatrice tournaisienne Nora Feys a ouvert sa propre boutique au cœur de Lille. Un lieu de rencontre entre l’art, la mode et le design.

À un jet de pavé de la Grand-Place de Lille, dans le quartier du Nouveau-Siècle, une vitrine d’un blanc lumineux captive le regard des passants. À l’intérieur de la boutique, les murs respirent encore la peinture fraîche et, posés sur des étagères, des portraits d’adulescents aux chevelures dorées et aux yeux iridescents fixent les clients d’un regard hypnotisant. Est-ce un magasin ou une galerie d’art? «Personne ne sait quel nom convient le mieux à cet endroit», sourit Nora Feys, locataire des lieux. Depuis le 17 novembre dernier, cette Tournaisienne y expose ses créations de mode.

De la couture, mais pas uniquement. À travers d’autres formes d’expressions artistiques comme la sculpture ou le dessin, c’est un univers complexe et complet qui prend vie ici, entièrement imaginé et réalisé par les doigts de fée de sa créatrice. Le tout, à 25 ans seulement. Alors chapeau bas, c’est de circonstance.

«J’ai effectué mes humanités au collège Notre Dame de Tournai mais, aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours voulu devenir styliste de mode», explique la jeune femme.«Je suis allée étudier la couture trois ans sur les bancs de l’ESMOD à Roubaix dont je suis sortie majeure de promo et récompensée de plusieurs prix. Après quoi, je suis partie travailler un an à Paris en tant qu’assistante de collection pour une enseigne de prêt-à-porter haut de gamme. Créer ma propre marque a toujours été mon objectif. Je suis donc revenue dans la région et j’ai entamé un nouveau cursus dans l’école Arts2 à Mons.»

Rendre sa valeur aux choses

Dans la cité du Doudou, la Néo-Lilloise s’essaye à de nouvelles formes de création. Les retours de ses professeurs sont élogieux et, au bout d’un an de formation seulement, la créatrice décide de se lancer.

Dans son atelier situé à Vaulx, son monde artistique se matérialise. Certaines pièces prennent du temps. Beaucoup de temps, à l’image de cette robe qui habille le mannequin exposé en vitrine: 26 heures de boulot rien que pour les broderies! Un travail qui, forcément, a un coût. «Je veux que les gens puissent mener une réflexion sur le consumérisme, qu’ils se rendent compte à nouveau de la valeur des choses, du fait main, de l’artisanat et du local. Je crée des pièces de couture, mais j’essaye de conserver des prix abordables malgré tout. Je ne veux pas que l’argent soit une barrière. L’échange et l’accessibilité sont des choses importantes à mes yeux. Mes portes sont ouvertes à tout le monde, ne fût-ce que pour discuter du projet.»

En franchissant la frontière pour effectuer vos futurs achats de Noël, n’hésitez donc pas à faire un crochet par le numéro 18 de la place Pierre Mendes France. Nora Feys vous y attend du jeudi au samedi de 10 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 18 h 30.

«L’éclat des êtres», entre force et fragilité

Chaque vêtement, sculpture ou tableau réalisé par Nora Feys est une pièce unique, excepté les bijoux qui relève de l’édition ultra-limitée (pas plus de dix exemplaires).

Au niveau textile, la créatrice réalise à la fois des pièces pour femmes et pour hommes. Sa première collection (il y en aura deux par an au rythme des saisons automne/hiver et printemps/été), s’intitule poétiquement «l’éclat des êtres».

«L’idée c’est de révéler et exalter la beauté des choses en chaque être. Une autre dimension importante que je souhaite mettre en avant c’est le paradoxe et la complémentarité entre force et fragilité. Par exemple, avec des pétales de fleurs et des ailes d’insectes brodées sur mes vêtements ou sur mes tableaux. Ces éléments fragiles font la beauté et la force de ces êtres vivants. J’essaye de capturer cette conception du réel pour la transposer sur mes créations, de sorte à les rendre presque vivantes elles aussi. »

Dans l’univers de Nora, la poésie est également présente à travers une autre forme de «paradoxe»: la place laissée au vide. «Cette culture du vide vient de mon intérêt pour les civilisations asiatiques, le Japon en particulier. Je n’y suis jamais allée mais je fais du kendô(art de manier le sabre selon les techniques des samouraïs, NDLR) depuis mes 10 ans. Les Japonais n’ont pas peur du blanc, qui est un appel à la sérénité. L’artisanat y a toujours été défendu et ils sont également très respectueux de l’environnement, notamment au travers de croyances comme l’animisme.»

La nature est une source d’inspiration pour Nora, tantôt présente sous formes figuratives (broderies) ou plutôt symboliques à l’image des sculptures en métal fixées à un socle de bois. Des fleurs et des insectes graphiques «flottent» au milieu d’un cercle métallique, clin d’œil au mons japonais (dessins stylisés à l’intérieur d’une forme géométrique) qu’utilisaient… les samouraïs afin de reconnaître leur clan sur les champs de batailles. La force et la fragilité, encore une fois.

 

Ecrit par le journaliste Martin Monserez